L’installation d’une pompe à chaleur (PAC) air-eau ou air-air est un excellent choix pour réaliser des économies d’énergie et améliorer le confort thermique de son habitat. Cependant, l’efficacité du système et votre tranquillité (ainsi que celle de vos voisins) dépendent grandement d’un facteur souvent négligé au moment de l’achat : l’emplacement de l’unité extérieure.
Les contraintes acoustiques : le respect du voisinage
Une unité extérieure génère du bruit (entre 45 et 65 décibels selon les modèles). Même si les technologies s’améliorent, le ronronnement peut devenir une nuisance.
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La réglementation : Le code de la santé publique régit les bruits de voisinage. L’émergence sonore (différence entre le bruit ambiant et le bruit avec la PAC allumée) ne doit pas dépasser certaines limites le jour et la nuit.
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L’emplacement : Évitez de placer l’unité juste sous la fenêtre de la chambre de vos voisins ou face à leur terrasse.
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L’effet de résonance : Ne placez jamais l’unité dans un coin formé par deux murs (angle intérieur) ou dans une cour intérieure fermée. Les ondes sonores vont rebondir sur les murs et amplifier le bruit (effet caisse de résonance). Privilégiez un espace dégagé.
Les contraintes techniques pour la performance
Pour que la PAC fonctionne avec un bon rendement (COP), elle doit « respirer ».
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L’unité ne doit pas être collée au mur. Il faut laisser un espace d’au moins 30 à 50 cm entre le dos de l’appareil et la façade pour l’arrivée d’air. Devant le ventilateur, il faut un espace libre d’au moins 3 mètres sans obstacle (haie, muret) pour ne pas gêner le rejet d’air froid. Si l’air rejeté rebondit et est réaspiré, la PAC perd en efficacité et risque de givrer.
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Pour limiter les pertes thermiques et le coût de l’installation, l’unité extérieure doit être le plus proche possible de l’unité intérieure (garage, cellier, chaufferie). Une distance trop longue nécessite plus de fluide frigorigène et réduit la performance.
Les contraintes climatiques et météorologiques
L’unité extérieure est conçue pour résister aux intempéries, mais la protéger prolonge sa durée de vie.
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Évitez d’orienter le ventilateur face aux vents dominants. Cela contrarierait la rotation de l’hélice et fatiguerait le moteur. Si c’est inévitable, un écran brise-vent (haie ou palissade) à distance raisonnable est recommandé.
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Contrairement aux idées reçues, placer la PAC plein sud en plein soleil n’est pas idéal, surtout si elle fait aussi climatisation l’été. Une exposition mi-ombre est préférable.
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L’unité doit être surélevée par rapport au sol (sur un socle en béton ou des supports « big foot ») d’environ 10 à 20 cm. Cela permet d’évacuer les condensats (l’eau qui coule de la machine) sans créer une patinoire en hiver, et protège l’appareil si une couche de neige se forme au sol.
L’intégration esthétique
Une PAC n’est généralement pas un atout décoratif.
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Les cache-PAC : Il existe aujourd’hui des coffrages en bois ou en aluminium (type persiennes) qui camouflent l’appareil tout en laissant passer l’air. C’est une excellente solution si l’unité est visible depuis la rue ou le jardin.
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La végétation : Vous pouvez planter des arbustes persistants autour de la zone pour la dissimuler, à condition de respecter les distances de circulation d’air mentionnées plus haut.
Les meilleurs et les pires endroits
Les endroits à privilégier :
- Contre un mur de garage ou de buanderie (pièces non habitées pour éviter les vibrations).
- Dans une zone de service du jardin, loin des terrasses.
- Sur un toit-terrasse plat (avec supports anti-vibratiles).
Les endroits à proscrire :
- Sous la fenêtre d’une chambre (la vôtre ou celle du voisin).
- Dans un angle de mur fermé.
- Dans une cave ou un grenier (la PAC a besoin d’air extérieur renouvelé).
- Juste à côté de la piscine (sensation de courant d’air froid désagréable).
En prenant le temps d’analyser votre terrain et en discutant avec votre installateur RGE, vous trouverez le compromis idéal entre performance technique, discrétion acoustique et esthétique.