Depuis l’interdiction des produits phytosanitaires (comme le glyphosate) pour les particuliers, les jardiniers cherchent des alternatives pour garder leurs allées impeccables. Le désherbage thermique (au gaz ou électrique) s’est imposé comme une solution écologique séduisante : un coup de chaud, et la mauvaise herbe meurt. Cependant, sur une terrasse pavée ou dallée, cette technique peut se transformer en cauchemar pour la structure même de votre allée. L’ennemi collatéral, c’est le joint.
Le principe du choc thermique
Pour comprendre le risque du désherbage thermique sur des pavés, il faut comprendre l’outil. Le désherbage thermique ne consiste pas à brûler la plante jusqu’à ce qu’elle devienne cendre (c’est une erreur fréquente). Il vise à provoquer un choc thermique : en chauffant la plante quelques secondes à haute température, on fait éclater ses cellules internes. La plante se dessèche et meurt en quelques jours.
Pour ce faire, les appareils (chalumeaux sur bouteille de gaz ou cannes électriques) dégagent une chaleur intense, souvent supérieure à 600°C ou 1000°C à la sortie de la buse.
Le drame des joints sable et polymère
Le problème réside dans la cible. Les mauvaises herbes poussent généralement… dans les joints, entre les pavés. En dirigeant la flamme ou la chaleur vers la mousse, vous chauffez inévitablement le matériau de jointoiement.
-
Sur les joints en sable classique
La flamme assèche totalement le sable. Le souffle du brûleur à gaz peut éjecter les grains hors de l’interstice. De plus, un sable cuit et totalement déshydraté perd sa cohésion naturelle. Au premier coup de vent ou à la première pluie, le joint se vide. Résultat : les pavés ne sont plus calés, ils bougent, et… les mauvaises herbes ont encore plus de place pour revenir.
-
Sur les joints polymères (sable durcissant)
C’est encore plus grave. Ces joints contiennent des liants (colles) synthétiques. Sous l’effet de la chaleur intense, le polymère peut fondre, noircir, ou au contraire cristalliser et devenir cassant comme du verre. L’étanchéité et la souplesse du joint sont détruites irréversiblement.
Les conséquences structurelles
Une allée pavée tient grâce à la compression latérale exercée par les joints. Si vous détériorez ces joints par des passages répétés au désherbeur thermique :
- Les pavés vont se déchausser (bouger sous les pas ou les roues de voiture).
- L’eau de pluie va s’infiltrer sous les pavés au lieu de ruisseler, provoquant des affaissements du lit de pose (surtout sur lit de sable).
Comment faire alors ?
Si vous tenez à utiliser le désherbage thermique sur des pavés, ne restez jamais statique. Passez rapidement sur la plante. Il suffit de la faner, pas de la carboniser. Moins vous restez, moins la chaleur pénètre dans le joint. Gardez également la buse à 10 ou 15 cm du sol, ne touchez pas le pavé.
Les alternatives plus sûres pour les pavés
Pour préserver vos joints, d’autres méthodes sont préférables :
-
Le désherbage mécanique
Utilisez un brosse métallique montée sur un manche ou sur une débroussailleuse (brosse désherbeuse). Cela nettoie la surface du joint sans le cuire en profondeur (attention tout de même à ne pas creuser).
-
L’eau bouillante (eau de cuisson)
Moins agressive que la flamme directe pour le polymère, mais efficace sur le système racinaire.
-
L’eau sous pression
Efficace pour nettoyer, mais attention à ne pas expulser le sable.
-
La prévention
Refaire des joints polymères neufs et sains est souvent la meilleure défense, car les herbes peinent à s’implanter dans un joint dur et non poreux.
Envie de transformer vos espaces extérieurs en de véritables atouts esthétiques et fonctionnels ? Faites appel à Storch TP.