Le printemps et l’automne sont des saisons magnifiques pour les promenades en forêt avec votre chien. Mais ces périodes sont aussi celles où le risque est maximal pour une maladie parasitaire grave, souvent mortelle si elle n’est pas traitée à temps : la piroplasmose (aussi appelée babésiose). Chaque année, des milliers de chiens sont touchés. Comprendre cette maladie, savoir repérer les signes avant-coureurs et connaître les moyens de prévention est un devoir pour tout propriétaire responsable.
L’ennemi invisible : la tique et le parasite
La piroplasmose n’est pas un virus ni une bactérie, mais une maladie causée par un parasite microscopique du sang appelé Babesia canis. Ce protozoaire a besoin d’un « taxi » pour infecter votre chien : la tique (principalement Dermacentor reticulatus et Rhipicephalus sanguineus).
Le processus est sournois. Lors d’une balade, la tique s’accroche au chien. Elle commence à se nourrir de son sang. C’est généralement après 24 à 48 heures de fixation, à la fin de son repas sanguin, que la tique régurgite de la salive contenant les parasites dans le sang du chien. Une fois dans l’organisme, les Babesia pénètrent dans les globules rouges et les détruisent en se multipliant.
Les symptômes qui ne trompent pas
La destruction des globules rouges (hémolyse) entraîne une anémie sévère et une intoxication de l’organisme par les déchets de cette destruction. Les symptômes peuvent apparaître de quelques jours à quelques semaines après la morsure. Soyez vigilants face à ce trio de symptômes classique :
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Abattement extrême : Votre chien, d’habitude joyeux, devient soudainement amorphe. Il ne veut plus jouer, peine à se lever, refuse sa nourriture (anorexie).
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Fievre élevée : La température du chien grimpe souvent au-dessus de 39,5°C ou 40°C. Il peut haleter sans raison ou trembler.
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Urines foncées : C’est le signe le plus alarmant. Les urines prennent une couleur « marron foncé », « marc de café » ou « Coca-Cola ». C’est le signe que les pigments des globules rouges détruits sont filtrés par les reins.
Parfois, des muqueuses pâles (gencives, intérieur des paupières) ou jaunes (jaunisse) peuvent être observées.
Pourquoi est-ce une urgence vitale ?
La piroplasmose ne guérit pas toute seule. Sans traitement, l’issue est presque toujours fatale. La destruction massive des globules rouges prive les organes d’oxygène (anémie). Pire encore, l’accumulation d’hémoglobine dans les reins provoque une insuffisance rénale aiguë. Une fois les reins bloqués, le pronostic vital est engagé, même avec un traitement intensif.
Dès l’apparition d’un de ces symptômes, surtout si vous avez retiré une tique récemment ou si vous vous êtes promené dans des herbes hautes, consultez votre vétérinaire immédiatement. C’est une question d’heures.
Le traitement et la prise en charge
Le diagnostic se fait par une prise de sang (frottis sanguin) : le vétérinaire observe les parasites à l’intérieur des globules rouges au microscope.
Le traitement repose sur des injections spécifiques (imidocarbe) qui tuent le parasite.
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Si la maladie est prise au début : l’injection suffit souvent, et le chien récupère en 24h.
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Si la maladie est avancée : une hospitalisation est nécessaire pour mettre le chien sous perfusion (pour sauver les reins) et parfois réaliser une transfusion sanguine si l’anémie est trop sévère.
La prévention : votre meilleure arme
Puisque le traitement est lourd et la maladie dangereuse, la prévention est indispensable.
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Antiparasitaires externes : Utilisez toute l’année (ou a minima de mars à novembre) des pipettes, colliers ou comprimés anti-tiques prescrits par votre vétérinaire. Attention, aucun produit n’est efficace à 100%, mais ils réduisent drastiquement le risque.
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Inspection systématique : Après chaque promenade, inspectez votre chien. Touchez-le partout, regardez entre les coussinets, derrière les oreilles, à l’aine.
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Retrait rapide : Si vous trouvez une tique, retirez-la immédiatement avec un tire-tique (ne mettez ni éther ni huile). Si vous la retirez en moins de 24h, le risque de transmission est très faible.
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Vaccination : Il existe un vaccin contre la piroplasmose. Il ne protège pas à 100% contre l’infection, mais il atténue la sévérité des symptômes. Discutez-en avec votre vétérinaire selon votre mode de vie.
En résumé, face à la piroplasmose, la vigilance est mère de sûreté. Une tique repérée tôt est un chien sauvé.