Les flottes électriques gagnent du terrain dans les entreprises, portées par la recherche d’une mobilité verte et par la nécessité de maîtriser les dépenses liées aux déplacements professionnels. Pourtant, l’électrification ne se résume ni au choix d’un véhicule ni à l’installation de bornes de recharge : elle transforme aussi la gestion de flotte, les habitudes de déplacement et le suivi des coûts.
Flottes électriques : une transition guidée par les coûts
Les véhicules électriques utilisés pour les déplacements professionnels constituent une flotte électrique d’entreprise. Leur adoption peut contribuer à la réduction des émissions de CO₂, améliorer la qualité de l’air et soutenir une politique de mobilité durable. Elle répond aussi aux attentes de clients, de partenaires et de collaborateurs, même si les motivations exprimées par les gestionnaires interrogés sont d’abord économiques.
Dans l’enquête de Beev, 31 % des répondants citent la diminution du coût total de détention, ou TCO, comme premier moteur de leur démarche. L’optimisation fiscale arrive ensuite, à 26 %, suivie des exigences de clients ou d’appels d’offres, à 23 %. Le confort d’usage des conducteurs est mentionné par 20 % des participants. Aucun ne cite directement les objectifs de décarbonation, les engagements RSE ou les obligations réglementaires comme motivation principale.
Coûts et pilotage : le TCO reste difficile à mesurer
La promesse d’économies ne peut être évaluée correctement sans données précises. Or, le Baromètre montre que la moitié des entreprises interrogées ne suit qu’une partie du TCO véhicule par véhicule, tandis que l’autre moitié ne dispose d’aucune donnée sur ce sujet. Il devient alors difficile de comparer les motorisations, les modes de financement et les usages réels.
Les outils de gestion sont eux aussi peu répandus dans cet échantillon : 46 % des répondants déclarent n’utiliser aucun outil formalisé, 26 % ne savent pas clairement quel dispositif est en place et seuls 28 % indiquent recourir à un logiciel dédié. Un pilotage structuré peut pourtant réunir les dépenses d’énergie, l’entretien, le financement, l’assurance et les kilomètres parcourus. Il aide à repérer les écarts entre le coût prévu et celui effectivement constaté.
Pour bâtir une comparaison utile, les entreprises peuvent commencer par réunir quelques indicateurs essentiels :
- Les coûts de financement ou de location, ainsi que les dépenses d’assurance et d’entretien.
- La consommation électrique et le coût de recharge, distingués selon le lieu de branchement.
- Les kilomètres parcourus, la durée d’immobilisation et l’adéquation du véhicule à son usage.
- Les taxes, aides et autres dispositifs applicables à chaque véhicule.
Recharge des entreprises : des usages surtout concentrés sur site
Les entreprises interrogées privilégient la recharge dans leurs locaux : 71 % déclarent y disposer de bornes. Le domicile des collaborateurs prend également sa place, puisque 46 % des organisations ont équipé certains logements. Parallèlement, 27 % recourent encore à des prises domestiques standards. Le baromètre ne relève pas d’utilisation de réseau public avec badge ou carte d’entreprise parmi les répondants.
Le développement de bornes de recharge doit tenir compte de la puissance disponible, du stationnement et des rythmes de déplacement. Un diagnostic préalable permet de dimensionner l’installation selon les besoins réels, plutôt que de multiplier les équipements sans stratégie. La supervision aide ensuite à suivre les accès, les consommations et la disponibilité du matériel.
Autonomie et réglementation : des freins à anticiper
Pour 49 % des entreprises sondées, l’adéquation entre l’autonomie des véhicules et les déplacements professionnels constitue le premier frein. Le coût d’achat ou de location est cité par 26 %, tandis que 25 % ne signalent aucun obstacle majeur. Ces réponses invitent à examiner les distances, les arrêts possibles et les contraintes de chaque activité avant de choisir les modèles.
La sélection doit porter sur l’usage autant que sur la marque : capacité utile, besoins de transport, fréquence des trajets longs et possibilités de recharge influencent la pertinence d’un véhicule. Un choix adapté à l’activité de l’entreprise limite le risque d’un parc mal dimensionné. Pour certains besoins, la location longue durée peut également faciliter le renouvellement et rendre les dépenses plus prévisibles.